Être parent ça change une vie!⁣  Malgré mon nombre d’année d’étude sur la psychologie de l’enfance, malgré les livres sur l’art d’être parent que j’ai consultés, malgré les heures investies en cours prénataux… peut-on réellement être prêt à être parent? Je me surprend parfois à en douter.⁣

Devenir mère a transformé pour moi plusieurs façons de penser.  Ma première leçon de parent fut de comprendre que la dynamique parent-enfant n’est pas à sens unique.  Je suis entrée dans l’aventure de parent en me disant que j’avais le bagage pour être un bon guide.

– Je vais leur apprendre plein de choses, je me disais, sûre de moi.

 Dans les faits, mes enfants m’apprennent des choses sur moi-même dont je ne soupçonnais même pas l’existence.  Dans cette école qu’on appelle la Vie, je suis à la fois enseignante et élève… et parfois je me demande lequel vient en premier! 

 Quand Esther Nelsa m’a invité à prendre part à son Masterclass sur la coiffure Afro, j’étais ravie…. et je l’avoue nerveuse!  Je n’en étais pas à ma première conférence sur les soins capillaires, un sujet que je maîtrise plutôt bien; mais le thème me rendait nerveuse. Parler de l’Afro des tout-petits représente bien plus que de parler de coiffure get-ready-for-back-to-school.  Au risque de déplaire, je me devais d’être honnête…

Pas toujours évident, sachant que nous vivons dans un contexte où il existe encore un complexe Good Hair autour de la coiffure des enfants issus de la diversité. La conférence a eu l’effet souhaité en suscitant  questions et commentaires, alors je partage le contenu ici…

 

 

Les ennemis de la coiffure Afro

La définition que l’on se fait de la beauté est subjective, on peut tous s’entendre sur ce dernier postulat.  Il faut toutefois considérer que nos goûts et préférences sont teintés par nos expériences.  Influencé par ces expériences, nous définissons la beauté et bâtissons les bases d’un système valeur que nous inculquons à nos enfants.

Prendre soin des cheveux de nos tout-petits fait partie de la routine de parent et dans cette routine les parents font face à 3 ennemis:

– Le temps
– Ce qui vient avec la coiffure: les accessoires, les produits et les techniques de coiffures (parfois inappropriés)
– et… Le parent lui-même!

Faire le constat qu’il soit possible que JE nuise à la routine de soin capillaire de mes enfants fut ma 2e leçon de parent.  (oui, je sais, celle là est dure à avaler, mais j’explique plus loin comment s’en sortir)

 

 

 

L’équation est simple

La coiffure fait partie des premiers moyens que nous utilisons pour parler d’apparence et de beauté (de pair avec l’hygiène et la tenue vestimentaire).  La coiffure est notre façon de prendre le contrôle sur l’image que nous voulons projeter.   Attachée, frisée, rasée, tressée, droite… nous manipulons notre chevelure dans ce but.

Voici comment je vois un processus de coiffure avec l’Afro de mes tout-petits (même si ils ne sont plus si petits):

On décortique le tout…

Intention

L’intention représente nos attentes, ce que nous voulons faire.  Cette étape peut parfois être intimidante, surtout quand on ne sait pas par où commencer.  Un petit truc est d’avoir des idées en banque à titre de référence: Besoin d’inspiration? clique ici.

En poussant la réflection un peu plus loin, l’intention est aussi notre interprétation de la beauté puisqu’elle est l’action derrière un objectif.

Est-ce que je coiffe mon enfant afin de mettre en lumière son bagage génétique?
C’est bien ce que nous faisons quand nous mettant en valeur la structure naturelle de leurs cheveux (ex.: formes des boucles, longueur, densité, etc) ou quand nous choisissons une coiffure qui complimente leur visage.

Est-ce que la coiffure de mon enfant met en valeur le doigté ou le savoir-faire de la personne qui coiffe (ex.: coiffure élaborée, coupe, style, originalité, etc)?
C’est ce qui est mis de l’avant quand nous choisissons certains types de coiffure par rapport à d’autres.

C’est intéressant de se poser des questions sur nos intentions,  y réfléchir permet de mieux comprendre sur quoi repose nos façons de voir la beauté.

 

Manipulation (ou création)

La manipulation (ou la création) est le processus de coiffure.  Le moment souvent redouté par les enfants et par les parents.  Je me rappelle, étant enfant, comment je détestais ces moments.  Malheureusement, j’avais accepté l’idée que la douleur liée à la coiffure était un mal nécessaire pour être présentable.  Cette idée toxique m’a suivi pendant longtemps.

Aujourd’hui, mère, je ne pouvais pas me permettre de léguer à mes enfants ce système de pensée.  Comment briser la roue?
⟹ En m’attardant aux habitudes.

 

Quand on parle de routine et d’habitude, on fait nécessairement appel à l’organisation.  Pour la routine capillaire, l’organisation commence par déterminer un lieu dans la maison où il sera pratique et accessible de coiffer les cheveux de notre enfant (salon, salle de bain, chambre, etc).  Ensuite, pensons à avoir à portée de mains les accessoires qui nous seront utiles (ce n’est pas le moment de courir chercher des élastiques à cheveux).  Finalement, PLANIFIER: prévoir la coiffure et estimer le temps de réalisation avant de commencer.

Point à ne pas négliger, la routine des enfants peut aussi être un moment de plaisir: jeu, livre, moment d’échange avec le parent, temps d’écran, etc.  L’objectif est que l’enfant retienne de ce moment un sentiment positif.

Pareil chez les garçons

J’adapte la routine capillaire à chaque besoin et pour mon fils, la routine est assez similaire.  Il y a beaucoup de « Je » de maman quand je parle de la routine capillaire des enfants, mais je devrais dire « nous » parce que père et mère ont un rôle à jouer.  Mis à part le côté pratique et efficace de faire cette routine à deux, nous avons consciemment fait ce choix afin de défaire le mythe (au moins chez nos enfants) que les cheveux afro sont si compliqués que seul maman peut s’en occuper.

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Astuces pour le démêlage

J’avoue que dans les faits, il est plus difficile d’avoir du plaisir quand il y a de la douleur.  En coiffant ma fille, j’ai découvert des petits trucs forts utiles pour défaire en douceur les noeuds de son afro:

1. Séparer en section l’afro
2. Brumiser les cheveux à l’aide d’un vaporisateur
3. Utiliser des produits démêlants (produits identifiés comme démêlants, un peu de revitalisant ou autre produits au choix)
4. Démêler avec les doigts
5. et au besoin, démêler avec un peigne ou avec une brosse à démêlage avec la technique Twist-N-detangle 

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Résultat

 

La dernière étape!  (Mon moment préféré) Habituer notre enfant à se voir et l’encourager à s’apprécier.  La façon la plus simple est de l’inviter à se regarder dans le miroir et lui demander: Comment trouves-tu ta coiffure?

Tu te souviens de ma 2e leçon de parent, celle qui disais que je pouvais nuire à la routine capillaire de mes enfants.  Ce qui est vrai si je m’y prend mal (avec des techniques ou produits inappropriés) ou en perdant patience (par manque d’organisation).  Cependant, le vrai tord serait d’imposer à mes enfants un modèle unique de beauté.  Mon interprétation de la beauté (représenter ici par la coiffure) devrait s’approcher le plus possible de ce que mes enfants aiment (leur version de la beauté) quand ils s’observent dans le miroir.

De petits gestes anodins qui aident à former chez nos enfants ce qu’on appelle l’image de soi.  À ne pas confondre avec l’estime de soi. L’image de soi est la représentation mentale que l’on se fait de soi-même.  L’expérience de la coiffure devient alors un outil pour parler de comment l’enfant se perçoit.  L’inviter à participer, considérer ses goûts, favoriser des moments de plaisir liés à la coiffure sont des gestes qui encouragent un sentiment positif chez l’enfant.

 

Petit recap en image!