Des rencontres qui font réfléchir et qui nous amènent à avoir un regard nouveau sur le monde…  Aujourd’hui, cette rencontre est avec Nadège St-Philippe.  Un échange fort inspirant à partager sans modération!  Nadège nous invite dans son univers, un voyage dont on ne peut qu’en ressortir grandit…

Ma relation avec mes cheveux

Je me souviens enfant: ce n’était pas évident. Chaque matin avant d’aller à l’école, il fallait brosser, séparer, démêler, tresser et parfois ajouter un ruban, pour la coquetterie! C’était les années 80.  Et bien sûre la vaseline. (Rire) Je crois que l’histoire de mes cheveux ressemble à celle de plusieurs femmes haïtiennes. Et enfant, j’avais hâte d’être en mesure de faire comme ma mère. Passer mes mains dans mes cheveux sans que ce soit une expérience douloureuse.

Pour l’application du défrisant, je devais avoir 14 ans la première fois. Et c’est en 1995, en revenant de l’Université de Sherbrooke, suite à un accident de voiture, ne pouvant pas bouger mes bras aisément, que j’arrête l’application du défrisant et opte pour un style de protection pour la première fois. Mon choix capillaire à l’époque : les macros-tresses.

En 2000, je recommence l’application du défrisant et cesse en 2011 durant mes traitements de chimiothérapies et de radiothérapies. Aujourd’hui, sous les rallonges capillaires mes cheveux sont naturellement crépus.

Comment réagit ton entourage, autant personnel que professionnel, par rapport à ton choix capillaire?

Mon entourage personnel, aucun souci.  Ma famille et amis me connaissent et me voient arborer mes différents styles capillaires.  Mon entourage professionnel, 33% aimerait que je me présente au travail avec ma chevelure crépue.  Par moment je les entend: «Nadège, c’est tellement beau, pourquoi, pourquoi», ces commentaires me font sourire.   Il y a un 33% qui comprend et accepte que mon style de coiffure protectrice soit un accessoire. Suite à l’une de mes publications dans les réseaux sociaux, un réalisateur a écrit ce commentaire: «elle est belle avec ou sans cet accessoire».  Ces mots m’ont touchés.  L’autre pourcentage de mes collègues m’accepte vraiment telle quelle. Que ma chevelure soit crépue ou lisse, je me sens accueillie telle que je me présente. La preuve, bientôt j’aurai 10 ans en ondes.  Imagine tous les styles de coiffure que j’ai pu avoir en ondes. Et ce, sans que cela ne pose problème.  Mes cheveux naturels, je les aime et j’ai le droit de les protéger des fers à friser, des fers plats, du spray net et du défrisant.   C’est un choix que j’ai fait et je me sens respectée par mon entourage personnel et professionnel.

Est-ce que selon toi nos médias traditionnels rflètent bien la société d’aujourd’hui?

C’est une excellente question. Les statistiques québécoises de 2011 dénombrent une population Noire d’environ 243 625 habitants par rapport à une population totale d’environ 7 732 525 d’habitants. Faisons le calcul, en termes de présence à l’écran, afin que les médias reflètent la société, nous devrions y voir à l’écran presque 3 personnes Noires sur 100. Maintenant, est-ce que ce ratio est respecté à la télévision, je me le demande. En ondes du moins, l’exercice est à faire. Pour ce que je sais, derrière la caméra, au niveau de la production, de la réalisation, de l’écriture journalistique, je vois des gens comme moi.  Nous ne sommes pas tous en ondes, mais nous travaillons dans l’industrie.  Est-ce que je crois qu’il y a place pour plus de personnes en ondes.  Bien sûr que oui!  Est-ce que je crois que nous devrions être des acteurs au niveau de la production et que nous devrions nous produire nous-même, définitivement!  Pour se voir, il faut être proactif.  N’oublions pas, les licences sont souvent privées; donc une entreprise privée à le droit et peut mettre en ondes qui elle veut.

Je te cite: « réduire l’incohérence entre l’être et le paraître »
Qu’est-ce que cela veut dire pour toi?

(publication paru en 2012, Nadège, my virtual paper)

La notion d’être est selon moi très privé.  Nous avons le choix de partager qui nous sommes profondément ou pas. Le paraître est très public, comme l’apparence, c’est une facette de nous qui peut être critiquée, mais surtout critiquable. Une source purement extérieure vient influencer quelque chose qui se passe à l’intérieur. Plus l’écart est grand, plus le mal est profond. Il faut donc travailler à réduire cette incohérence, afin que les femmes cessent d’être ce qu’elle dégage et davantage celles qu’elles sont. Apprendre à équilibrer le tout, c’est le travail d’une vie.

Pour moi, tu es l’exemple parfait de l’équilibre entre la force et la douceur.  D’où puises-tu toute cette force et cette fougue pour constamment aller plus loin et te dépasser?

Je prie, je médite et je bouge. Les trois sont très importants.  À travers la prière, je reçois des apprentissages.  Ces apprentissages me confirment que, parfois, l’émotion que je vis peut-être vécu par d’autres.   Il y a un certain apaisement à aller chercher lorsque qu’on accepte que certaines choses sont plus difficiles par moment et la prière m’aide le faire.  La méditation,  représente le moment présent.  Je me place au centre de tout: mon travail, ma famille, [etc]  et je  cherche à m’outiller, à m’améliorer.  Je trouve des solutions pour changer ma situation.  Et enfin, bouger, parce que nous sommes fait pour bouger!   Il faut faire ses devoirs, se préparer et passer à l’action; car tout cela s’installe dans un continuum menant à l’accomplissement de soi.

Qu’est-ce que 2016 annonce pour Nadège St-Philippe?

Beaucoup de cohérence! Ce que je veux dire en parlant de cohérence, c’est que je suis venue vers toi pour que l’on travaille ensemble.  Pour les colliers Alexandre, c’est une jeune entrepreneure qui est venue vers moi, Christelle Biteghe de Waly accessoires.  Je lui ai dit que j’allais essayé de la présenter et je lui ai donné un mandat.  Je lui ai donné les cravates de mon beau-père.  Le design est celui que je présente sur toutes les plateformes, honorant mon beau-père, Alexandre.  Le travail qui se fait présentement mérite d’être remarqué.  Je ne peux porter tous les combats, mais je peux présenter ces gens qui, selon moi, se démarquent par leur talent et par leur éthique professionnel.  Je souhaite que ces personnes remarquables soient reconnues dans leurs industries et leurs passions propres, afin qu’elles deviennent des modèles pour la société.  Alors 2016 sera ça, la cohérence…

Remerciements

Un grand MERCI à Nadège pour ce temps de partage si enrichissant!
Pour en apprendre encore plus sur Nadège St-Philippe,  cliquez ici

Encore plus

Ce n’est pas tout! Je suis entrée dans l’univers de Nadège le temps d’un après-midi.  Regardez la 1ère partie de l’entrevue

Source photo: @NadegeStPhilippe Instagram

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